Orelsan, le rappeur à la langue bien pendue, haut-parleur de sa génération, a passé le cap du second album.
Le roi de la punchline, auréolé mais aussi victime de son succès, avait peur d’avoir tout dit. Que nenni ! Il livre un disque fort, porté par les cathédrales sonores que lui construit son pote Skread. «Le Chant des Sirènes» évoque les tentations qui s’offrent à une génération qui n’a pas perdu ses illusions : elle n’en avait pas. Orelsan le constate avec brio en évitant le cul de sac. Public Enemy se définissait comme «le CNN de la rue». Dans cette grande tradition du rap, Orelsan dresse un état des lieux salutaire de notre époque.